Pétition contre l'expropriation de familles de cultivateurs et annulation de la dette.

Bonjour,


nous vous invitons à prendre connaissance de la pétition ci dessous et si vous êtes en accord avec son contenu alors pourquoi pas ajouter votre signature?

Si certain éléments vous gènent ou ne vous semblent pas clair, vous pouvez aussi l'indiquer afin que nous puissions réfléchir dessus et changer le texte.

Par avance merci de votre soutien.
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A l'attention de : Monsieur le premier ministre


La propriété est un droit naturel imprescriptible, inaliénable et sacré, consacré par la révolution américaine et française.
Il fait parti des droits fondamentaux, garantis par l'état, au même titre que la liberté et le droit à la vie et fonder une famille.

Or chaque année des milliers de familles paysannes sont spoliées de leurs biens par les créanciers.

De plus, ces familles vivent des situations très dures psychologiquement: dépressions, pathologies mentales, suicides, alcoolisme avec d‘autres addictions, accidents du travail, violences conjugales...
On peut se demander légitiment quelles seront les conséquences futures pour les enfants grandissant dans une telle situation.

Quel jugement porteront les générations futures sur notre époque lorsqu'elles apprendront tout cela dans leur livre d'histoire?

Or, cette faillite des paysans c'est avant tout la faillite d'un système.

Il y a eu, en France, 11 plans quinquennaux qui ont planifiés " La Fin des paysans" (Cf le livre du sociologue Henry Mendras).

Il est vraiment injuste que les familles d‘ agriculteurs payent seules l’addition car elles ont toujours fait correctement leur travail, n'ont commis aucune erreur de gestion et n'ont fait que suivre à la lettre ce que les aménageurs (l'état) leur ont ordonné (injonctions paradoxales) de faire.

L’état doit donc faire un geste et assumer sa part de responsabilité en annulant la dette des familles afin que ces dernières ne soient pas expulsées, qu'elles puissent continuer à vivre dans leur maison et sur leur terre et transmettre ce maigre patrimoine à leurs enfants.

Pour signer la pétition cliquer ici

Le point de vue des philosophes

Nous rassemblons ici quelques citations ou pensées, de philosophes, en rapport avec l'agriculture, le monde paysan ou le partage de la terre. Notre but en faisant cela est de montrer le décalage frappant qu'il existe entre ces penseurs universellement reconnus et les politiques brutales de l'état qui ont été menées à l'encontre des familles d'agriculteurs. Ce qui est frappant c'est que quelque soit leur école ou leur courant de pensée ces érudits sont unanimes pour reconnaitre la valeur du modèle de la petite exploitation familiale. Le modèle de développement choisit par l'état français est lui en contradiction totale avec le bon sens. (Cette rubrique est en cours de construction)

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« Vous devez avoir, dit Candide au Turc, une vaste et magnifique terre ? -- Je n'ai que vingt arpents, répondit le Turc ; je les cultive avec mes enfants ; le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice, et le besoin. »

Candide, en retournant dans sa métairie, fit de profondes réflexions sur le discours du Turc. Il dit à Pangloss et à Martin : « Ce bon vieillard me paraît s'être fait un sort bien préférable à celui des six rois avec qui nous avons eu l'honneur de souper.[] Il faut cultiver notre jardin.
-- Travaillons sans raisonner, dit Martin ; c'est le seul moyen de rendre la vie supportable. »

D'après Candide, Voltaire
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"Les hommes ne sont point faits pour être entassés en fourmilières, mais épars sur la terre qu'ils doivent cultiver.
Plus ils se rassemblent, plus ils se corrompent. les infirmités du corps, ainsi que les vices de l'âme, sont l'infaillible effet de ce concours trop nombreux.
L'homme est de tous les animaux celui qui peut le moins vivre en troupeaux. Des hommes entassés comme des moutons périraient tous en très peu de temps.
L'haleine de l'homme est mortelle à ses semblables: cela n'est pas moins vrai au propre qu'au figuré."

Emile, Jean-Jacques Rousseau
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Les quatre pensées qui suivent sont extraites du "Traité du gouvernement civil" de John Locke.
John Locke est considéré comme le père du libéralisme. Pourtant, on a beaucoup de mal à voir le rapport avec ses écrits et les politiques qui ont été menées par les dirigeants qui disent incarner le libéralime...


25 "Soit que nous considérions la raison naturelle, qui nous dit que les hommes ont droit de se conserver, et conséquemment de manger et de boire, et de faire d'autres choses de cette sorte, selon que la nature les fournit de biens pour leur subsis­tance; soit que nous consultions la révélation, qui nous apprend ce que Dieu a accordé en ce monde à Adam, à Noé, et à ses fils; il est toujours évident, que Dieu, dont David dit*, qu'il a donné la terre aux fils des hommes, a donné en commun la terre au genre humain. Mais cela étant, il semble qu'il est difficile de concevoir qu'une personne particulière puisse posséder rien en propre. je ne veux pas me contenter de répondre, que s'il est difficile de sauver et d'établir la propriété des biens, supposé que Dieu ait donné en commun la terre à Adam et à sa postérité, il s'ensuivrait qu'aucun homme, excepté un Monarque universel, ne pourrait posséder aucun bien en propre : mais je tacherai de montrer comment les hommes peuvent posséder en propre diverses portions de ce que Dieu leur a donné en commun, et peuvent en jouir sans aucun accord formel fait entre tous ceux qui y ont naturellement le même droit."

32. "Mais la principale matière de la proprièté n'ètant pas à présent les fruits de la terre, ou les bêtes qui s'y trouvent, mais la terre elle-mème, laquelle contient et fournit tout le reste, je dis que, par rapport aux parties de la terre, il est manifeste qu'on en peut acquérir la propriété en la même manière que nous avons vu qu'on pouvait acquérir la propriété de certains fruits. Autant d'arpents de terre qu'un homme peut labourer, semer, cultiver, et dont il peut consommer les fruits pour son entretien, autant lui en appartient-il en propre. Par son travail, il rend ce bien à son bien particulier, et le distingue de ce qui est commun à tous. Et il ne sert de rien d'alléguer que chacun y a autant de droit que lui, et que, par cette raison, il ne peut se l'appro­prier, il ne peut l'entourer d'une clôture, et le fermer de certaines bornes, sans le consen­tement de tous les autres hommes, lesquels ont part, comme lui, à la même terre commune. Car, lorsque Dieu a donné en commun la terre au genre humain, il a commandé en même temps à l'homme de travailler; et les besoins de sa condition requièrent assez qu'il travaille. Le créateur et la raison lui ordonnent de labourer la terre, de la semer, d'y planter des arbres et d'autres choses, de la cultiver, pour l'avan­tage, la conservation et les commodités de la vie, et lui apprennent que cette portion de la terre, dont il prend soin, devient, par son travail, son héritage particulier. Tellement que celui qui, conformément à cela, a labouré, semé, cultivé un certain nombre d'arpents de terre, a véritablement acquis, par ce moyen, un droit de propriété sur ses arpents de terre, auxquels nul autre ne peut rien prétendre, et qu'il ne peut lui ôter sans injustice."

33. "D'ailleurs, en s'appropriant un certain coin de terre, par son travail et par son adresse, on ne fait tort à personne, puisqu'il en reste toujours assez et d'aussi bonne, et même plus qu'il n'en faut à un homme qui ne se trouve pas pourvu. Un homme a beau en prendre pour son usage et sa subsistance, il n'en reste pas moins pour tous les autres : et quand d'une chose on en laisse beaucoup plus que n'en ont besoin les au­tres, il leur doit être fort indifférent, qu'on s'en soit pourvu, ou qu'on ne l'ait pas fait. Qui, je vous prie, s'imaginera qu'un autre lui fait tort en buvant, même à grands traits, de l'eau d'une grande et belle rivière, qui, subsistant toujours tout entière, contient et présente infiniment plus d'eau qu'il ne lui en faut pour étancher sa soif? Or, le cas est ici le même; et ce qui est vrai à l'égard de l'eau d'un fleuve, l'est aussi à l'égard de la terre."


34. "Dieu a donné la terre aux hommes en commun: mais, puisqu'il la leur a aussi donnée pour les plus grands avantages, et pour les plus grandes commodités de la vie qu'ils en puissent retirer, on ne saurait supposer et croire qu'il entend que la terre demeure toujours commune et sans culture. Il l'a donnée pour l'usage des hommes industrieux, laborieux, raisonnables; non pour être l'objet et la matière de la fantaisie ou de l'avarice des querelleurs, des chicaneurs. Celui à qui on a laissé autant de bonne terre qu'il en peut cultiver et qu'il s'en est déjà approprié, n'a nul sujet de se plaindre; et il ne doit point troubler un autre dans une possession qu'il cultive à la sueur de son visage. S'il le fait, il est manifeste qu'il convoite et usurpe un bien qui est entièrement aux peines et au travail d'autrui, et auquel il n'a nul droit; surtout puisque ce qui reste sans possesseur et propriétaire, est aussi bon que ce qui est déjà approprié, et qu'il a en sa disposition beaucoup plus qu'il ne lui est nécessaire, et au-delà de ce dont il peut prendre soin."
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"L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser: une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer.[]Toute notre dignité consiste donc en la pensée."

Cette citation de Blaise Pascal peut sembler au premier abord, un peu incongru dans cette rubrique. Si nous avons eu envie de la faire figurer ici c'est que le philosophe semble nous avertir de la fragilité de la condition humaine. Le contraste est vraiment saisissant entre cet appel à la douceur, à la raison et la violence brutale des politiques de modernisation économique et culturelle qui s'est abattue sur les agriculteurs et leurs familles.
Non, ce n'est pas une goutte d'eau ou une vapeur qui nous a tués mais c'est bel et bien un bulldozer qui nous est passé dessus...

René Descartes, le célèbre philosophe et mathématicien Français, doit s'en doute lui aussi se retourner dans sa tombe, lui qui avait fait de la prudence le principe de sa philosophie et qui écrivait:

"Mais comme un homme qui marche seul et dans les ténèbres, je me résolus d'aller si lentement, et d'user de tant de circonspection en toutes choses que si je n'avançais que fort peu, je me garderai bien, au moins de tomber."

Des fermiers ruinés et expulsés de leur propre maison

Il y a peu de temps, gràce à l’intervention de l’association "les enfants de Don Quichotte" la loi DALO (droit au logement opposable) voyait le jour (il y a en france 3 millions de "mal logé", voire pas logé du tout). Dans le même temps, en France toujours (non, non, ce n’est pas dans un pays dit du "tiers-monde" mais bien en France, ici et maintenant), on expulse impunément des paysans de leur propre maison dans le mépris total des droits fondamentaux. Ces expropriations n’ont d’autres fin que d’enrichir les banques et autres créanciers sans compter les spéculateurs qui voient là un bon moyen de s’enrichir par l’intermédiaire de la vente aux enchères.


texte lu sur le site: schools.channel4.com

SOS Paysans

Christelle Chamberland: Le nom résume leur situation désespérée. SOS Paysans, c'est le sujet du reportage de Catherine Guilyardi. L'organisation lutte pour sauver les petits agriculteurs.

Ceci est le signal qui marque le début du commerce quotidien à St Étienne Du-Grès, en Provence.

Les grossistes paient les producteurs cash. Les marchands de fruits et légumes et les restaurateurs traitent directement avec les agriculteurs. C'est la tradition. Or aujourd'hui les choses changent.

Fermier 1: Elle est là, la crise. On vend notre marchandise aux prix d'il y a 20 ans. Le problème, il est là.

Christelle Chamberland : Le marché n'est plus ce qu'il était. Aujourd'hui, les hypermarchés regardent plus loin que la France, vers le reste de l'Europe et le reste du monde. Le petit producteur français y perd.

Fermier 2 : Les grandes surfaces vont s'approvisionner en Espagne, dans les pays étrangers au détriment de nous autres. Eux ils sont compétitifs, nous, on ne peut pas l'être.

Christelle Chamberland: Une image d'abondance dans l'estuaire du Rhône. Pourtant, la réalité est bien différente. Au cours des vingt dernières années, 4 agriculteurs sur 10 ont disparu dans la région. La plus grande partie des terres arables et de nombreuses serres sont abandonnées.

Olivier et Dominique Verbrugghe ont commencé à cultiver des melons il y a 10 ans. Ils ont emprunté pour agrandir au moment où les prix étaient élevés. Quand le marché a chuté, ils n'ont pas pu payer les intérêts de leurs prêts et ont fait faillite.

Dominique Verbrugghe : On ne pensait pas du tout s'arrêter 8 ans après. Quand on a démarré, on ne pensait pas s'arrêter si vite.

Olivier Verbrugghe: On était super optimistes. On avait plein de projets, on voulait agrandir, remonter des serres. On a été vite déçus. On est vite retombés.

Christelle Chamberland: Les Verbrugghe ont tourné la page et tous les deux ont trouvé du travail temporaire. Mais ils sont toujours endettés et ils veulent tout faire pour ne pas perdre leur maison.

L'homme qui vient les voir peut peut-être les sauver. Francis Thomas s'occupe de SOS Paysans, une organisation qui vient en aide aux petits cultivateurs en difficulté. Avec le soutien de banques coopératives, SOS Paysans monte des compagnies dont le but est d'acheter des fermes pour que les petits exploitants agricoles puissent en rester les tenanciers.

Demain, Francis accompagnera les Verbrugghe à une réunion avec le représentant du tribunal qui supervise leur faillite. Ils portent un toast à un résultat qu'ils espèrent positif. Leur optimisme s'avère justifié.

Avocat : On va arriver dans le cadre de votre procédure collective, à ce que votre actif soit réalisé sans passer par les enchères, à ce qui paraissait impossible il y a quelques mois: à vous laisser dans votre maison.

Christelle Chamberland: En ce moment, SOS Paysans aide 170 petits agriculteurs de la région grâce à des plans de remboursement et des projets qui leur permettent de garder leurs maisons. L'organisation traite aussi des problèmes personnels.

Francis Thomas : On assiste à des suicides, des dépressions, des maladies graves d'agriculteurs persuadés qu'ils ne s'en sortiront pas.

Christelle Chamberland: Michel Capanni, lui, s'en est sorti. Il y a 6 ans, sa ferme a connu des problèmes financiers. SOS Paysans était là pour l'aider. Ses dettes n'étaient pas trop importantes et des mesures ont été prises pour organiser un remboursement sur10 ans.

Après cette expérience, il a abondonné l'agriculture conventionnelle, et avec sa partenaire, ils se consacrent maintenant à l'agriculture biologique. Tous leurs produits sont biologiques, mais ça n'est pas la solution pour tout le monde.

Michel Capanni : Si tous les agriculteurs étaient en bio, on passerait encore par les marchés classiques, par les centrales d'achats. On retrouverait les mêmes personnes pour nous tirer dessus.

Christelle Chamberland: Certains cultivateurs ne peuvent plus être secourus, même par SOS Paysans.

Francis Thomas: On voit des familles qui ont jusqu'à 10 fois leur chiffre d'affaires en dettes. C'est insoluble.

Christelle Chamberland: La famille Dumont a fait faillite il y a deux ans. SOS Paysans n'a pas pu l'aider. Ils habitent dans une grande caravane qui ne remplit pas les conditions requises pour bénéficier de l'opération de sauvetage. C'est le tout dernier soir où Michel Dumont peut dire qu'il possède sa propre ferme.

Michel Dumont : En ce moment, on est en train de vivre cet échec. J'aime cultiver, faire pousser mes melons, mes tomates. C'est ma passion, c'est ma vie.

Christelle Chamberland: Le tribunal joue un rôle central dans la cession-vente des fermes en faillite. La terre et les serres des Dumont sont mises aux enchères tout près de là, à Tarascon. Il n'y a qu'une offre pour l'instant, mais d'autres viendront peut-être. Malheureusement, non. Le juge autorise la vente des terres des Dumont pour la somme de 150 000 francs. Michel n'a pas eu le courage d'aller au tribunal. Bientôt il sera expulsé et quelqu'un d'autre possédera ses terres.

Michel Dumont : J'ai peur que ce soit des gens qui ne sont pas agriculteurs, qui ne vont pas respecter le sol comme moi j'ai essayé de le respecter.

Christelle Chamberland: Fabien, le fils de Michel, l'aide à cueillir sa dernière petite récolte de fraises. L'expulsion de la famille est une tragédie personnelle. C'est aussi une tragédie communautaire: Les petits agriculteurs ne survivront pas.